Le Poker en ligne
I - Quand coucher votre main
Avertissement : cet article est écrit pour le Hold'em à limite fixée.
La plupart des bons joueurs comprennent bien quand coucher leur main au preflop.
La décision que vous prenez au preflop est cruciale et est bien expliquée sur ce
site. En bref, vous devez jouer vos bonnes mains au preflop. En ce qui concerne
les mains marginales, vous devez davantage jouer les connecteurs habillés et les
petites paires quand il y a un pot familial et moins quand il n'y a que trois
personnes qui voient le flop. Pour les grosses cartes comme AJ ou KT, c'est le
contraire. Soyez plus prêt à jouer ces mains au tête à tête ou à trois. Couchez
toutes mauvaises cartes comme Q5 non appareillées.
Ces décisions preflop sont importantes, mais ce n'est pas tout. Il y a trois
tours d'enchères après le flop, et ces décisions ne peuvent pas être prises sans
réfléchir. Bien sur, la cote du pot vous aidera, surtout si vous allez tirer,
mais qu'est ce que vous faites quand votre main est faite mais vous n'êtes pas
sur de sa valeur relative ?
Par exemple, supposons que vous avez AJ et le flop est QJ2. Le pot a été relancé
au preflop, et vous avez la cote du pot pour suivre. Que faites vous au tournant
? Bon, il faut évaluer. Si quelqu'un mise au tournant et si quelqu'un relance et
si un autre suit, vous pouvez être certain que vos valets n'iront pas loin et
vous devez coucher votre main. Par contre, que faire si quelqu'un mise, si tout
le monde passe, et c'est à vous de parler? Que faire ?
Les petites erreurs comparées aux grosses erreurs
Au Hold'em à limite, les mises constituent un petit pourcentage du pot. Ceci
encourage l'action parce qu'il est moins cher de voir l'abattage. Cet aspect du
poker à limite attire les poissons ainsi que les débutants qui aiment 'voir les
cartes.'
La plupart des mauvais joueurs perdent de l'argent au Hold'em à limite au fur et
à mesure que le jeu progresse, et pas avec une seule main. La raison est qu’ils
font plein de petites erreurs. Ils suivent quand ils n'ont pas la cote du pot,
ou ils continuent à voir quand c'est clair qu'ils ont perdu. Chaque fois que
vous suivez quand il ne le faut pas, vous faites une petite erreur.
Une grosse erreur au Hold'em à limite est de coucher sa main quand il ne le faut
pas. Je ne veux pas dire coucher tôt et ensuite s'apercevoir que la rivière
aurait été miraculeuse pour vous. Je parle de coucher sa main tard dans le tour
quand elle est la meilleure. Par exemple, supposons que vous ayez AQ. Le tableau
est KQ2 arc-en-ciel. Vous avez relancé au preflop, et trois personnes veulent
voir (8 petites mises). Tout le monde suit jusqu'à ce soit votre tour. Vous
misez, quelqu'un relance, 2 personnes suivent, vous suivez. Un 5 est dévoilé au
tournant. Le relanceur mise, tout le monde passe.
Maintenant, il y a 18 petites mises dans le pot (8 preflop, 8 flop, 2 au
tournant- rappelez vous qu'une grosse mise est pareille que deux petites). Que
faire ? Vous avez probablement perdu. Par contre, si vous suivez au tournant et
à la rivière, vous aurez investi encore 4 petites mises. Si vous suivez à la
rivière, il y aura 24 petites mises dans le pot, donc il faut gagner ce pot un
sixième du temps ou plus pour justifier votre décision de suivre. Supposons que
vous ayez 5 sorties (ce qui n'est pas le cas s'il détient KQ ou AK, mais faisons
comme si), vous avez 12% de chance de frapper. Donc, vous avez environ un
huitième de chance de gagner grâce à un tirage. Dans ce cas, il faut se donner
4% de chance (1/6 – 1/8). C'est vraiment peu !
Donc, il faut probablement suivre, même si vous allez probablement perdre. Par
contre, beaucoup de joueurs faible-serrés coucheront cette main, ce qui est
mauvais si l'autre joueur bluff ou tire.
Alors, quand coucher sa main ?
Il y a deux décisions importantes à prendre au Hold'em à limite. La première est
au preflop – jouer sa main ou pas – et la deuxième décision doit être prise au
tournant. La décision au flop n'est pas aussi importante parce que la plupart du
temps vous misez ou suivez une petite mise; cette décision peut être prise en se
basant uniquement sur la cote du pot.
La deuxième décision importante est prise au tournant. Si vous suivez au
tournant, vous devez suivre à la rivière parce que ça serait idiot de coucher la
meilleure main à la rivière. Suivre au tournant et à la rivière veut dire
investir 2 grosses mises, pareil que 4 petites mises. Supposant que le pot est
relancé au preflop et qu'une mise est faite après le flop, vous n'aurez investi
que 3 mises pour voir le tournant. Donc, vous pouvez coucher votre main au
tournant et perdre légèrement moins de la moitié de ce que vous auriez perdu si
vous avez suivi jusqu'à l'abattage.
Il ne faut pas coucher votre main à la rivière. Les seules exceptions : si vous
avez raté un tirage (comme un petit tirage à la couleur) ou s'il y a tellement
de mises et de relances que vous êtes sûr d’être battu.
II -
Miser à la rivière
Avertissement : cet article concerne uniquement le Hold'em à limite fixée.
La rivière est un tour unique. Au cours des tours d'enchères précédents, tout le
monde avait l'opportunité d'améliorer sa main. A la rivière, les mises sont
prises intelligemment ou sont des bluffs. Il n'y a pas besoin d'éliminer
quelqu'un, et il est impossible d'essayer le demi bluff. Ces changements
demandent un changement de stratégie. Tandis que chaque rivière est différente,
je vais présenter trois situations différentes ou un joueur avancé peut obtenir
un avantage.
Pot familial avec une main presque forte
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Votre main |
Tableau |
Vous êtes en position intermédiaire. Vous attendez l'embuscade. Le bouton mise,
le petit blind suis, vous faites une embuscade, le bouton et le petit blind
veulent voir votre relance.
Le tournant arrive et un autre Valet est dévoilé, donc vous avez un set. Vous
misez. Le bouton et le petit blind suivent.
Un Dix est dévoilé à la rivière, mais il n'y a pas de tirage possible à la
couleur.
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Votre main |
Tableau |
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En plus de vous, il reste encore deux autres joueurs. Le petit blind mise. C'est
à vous et ensuite au bouton. Que faire ?
Il est évident qu'il ne faut pas passer. Il y a trop d'argent dans le pot pour
coucher un set avec un acolyte fort. Donc, vous avez le choix de miser ou de
suivre. Dans cette situation, je suivrais certainement. La raison : si vous
suivez, il y a de fortes chances que le bouton suive aussi. Par contre, si vous
relancez, ce joueur couchera probablement sa main. Si vous relancez, le petit
blind relancera s'il sait qu'il peut vous battre. Par contre, il ne fera que
suivre s’il pense que vous allez gagner. Donc, si vous avez la meilleure main,
vous allez gagner la même somme que vous suivez ou relancez. Par contre, si vous
avez la deuxième meilleure main, vous allez probablement perdre encore deux
grosses mises si vous relancez au lieu de suivre.
Imaginons qu'il ait 50% de chance que vous déteniez la meilleure main. Supposons
qu'il y ait 50% de chance que le bouton suive si vous suivez, mais passe
toujours si vous relancez.
Donc, il faut analyser les deux scénarios : vous suivez ou vous relancez.
Si vous suivez : Si vous suivez et perdez, vous perdez une mise. Par contre, si
vous suivez et gagnez, vous gagnez probablement une mise et demie (50% de chance
que le bouton suivra et perdra).
Si vous relancez : Si vous relancez et détenez la main perdante, vous perdez
trois mises parce que le petit blind re-relancera. Si vous avez la main
gagnante, vous gagnerez deux mises. Le bouton passera et le petit blind suivra.
Il est clair que cet exemple n'est pas parfait. Les probabilités ont été
choisies intuitivement, mais cet exemple prouve mon raisonnement. Si vous
suivez, vous pouvez espérer gagner 0.5 mise (1.5 si vous gagnez et 0.5 si vous
perdez). Si vous relancez, vous pouvez espérer perdre une mise (2 si vous gagnez
et 3 si vous perdez). Donc, suivre vous fera gagner une espérance de 1.5 mise !
A la rivière, il n'y a plus de souci que l'adversaire tire. Dans les situations
comme celle ci-dessus, vous avez une main qui battra la plupart des autres
mains. Les mains qui vous battent ne se coucheront certainement pas si vous
relancez (ils re-relanceront probablement). Donc, vous n'avez envie que de
gagner autant de mises que possible ou de minimiser vos pertes si vous détenez
la main perdante. Gagner une mise de plus que quelqu'un qui vous suit vaut
autant que d'être suivi par quelqu'un que vous avez relancé. Quand vous avez une
main forte mais pas imbattable à la rivière, il vaut mieux qu'on suive après
vous plutôt que d’essayer de voler encore une mise en relançant.
La tête à tête quand vous êtes l'agresseur
Quand vous détenez une paire forte dans une tête à tête, vous allez probablement
miser au flop et au tournant. Maintenant, supposons que la rivière forme une
main scary. Que faire ?
Ça dépend de votre position. Supposons que vous ayez une meilleure position. Par
exemple, votre adversaire est en position moyenne et vous êtes bouton. Votre
adversaire suit. Vous pensez faire une mise à bénéfice, mais vous attendez
l'embuscade. Supposons qu'il relance s’il pense gagner et suive toujours s'il
pense perdre. Ça veut dire que vous avez 2/3 de chance de gagner pour pouvoir
miser intelligemment. La raison : vous gagnez une mise si vous avez la meilleure
main et en perdez deux si vous ne l'avez pas.
Bien sûr, dans certains cas il suivra avec la meilleure main et ne relancera
pas. A d'autres moments, il relancera même si vous avez la meilleure main.
Il faut bien évaluer la situation avant de miser ou de ne pas miser. Je ne peux
pas vous offrir beaucoup de conseils parce que cette décision dépend entièrement
de la situation en présente. Entraînez-vous à ne pas avoir peur si un genre de
main peut vous battre. S'il y a beaucoup de deuxièmes meilleures mains qui
suivent, vous devez miser. Par contre, si la seule raison pour laquelle votre
adversaire vous suit est un tirage raté, et toute autre main qu'il pourrait
détenir peut vous battre, vous devriez probablement suivre.
En position hâtive, il faut être plus prêt à miser. Pourquoi ? Parce que même si
votre adversaire détient une bonne main, il misera ou relancera. Donc, vous ne
perdez qu'une mise de plus en misant. Par contre, la plupart du temps, il ne
frappera pas si fort. Il vous suivra quand même parce que le pot sera trop gros
pour ne pas suivre.
Même s'il a une main presque forte, il se peut qu'il ne vous relance pas. Quand
vous misez, vous paraissez fort. Il hésitera à relancer à cause de la
re-relance. Par contre, si vous suivez, il sentira votre faiblesse et misera.
Donc, que vous misiez ou suiviez, vous ne perdez qu'une mise. Votre mise
initiale n'est pas importante dans ce scénario.
Bien sûr, il existe des situations où il ne faut pas miser avec votre main faite
si vous êtes le premier à miser. Si vous détenez AJ et le tableau est AJ5QT avec
un tirage à la couleur, vous devez probablement voir. Le plus important est
qu'il faut être davantage prêt à miser quand vous êtes en mauvaise position à la
rivière au Hold'em à limite.
La tête à tête quand vous tirez
Si vous frappez fort, que faire ? Si vous êtes en bonne position, c'est simple.
Misez et relancez. Vous avez probablement la meilleure main, profitez-en !
Par contre, si vous êtes en mauvaise position, c'est plus compliqué. Faut-il
essayer l'embuscade ou miser tout bêtement. La réponse dépend de l'adversaire.
Si votre adversaire est très agressif, je recommande l'embuscade. Premièrement,
il est possible qu'il n'ait rien et essaye de bluffer. Il pourrait être en train
de représenter la couleur, donc laissez-le faire ! Sinon, les maniaques misent
souvent quand leurs adversaires paraissent faibles, donc une embuscade marche
bien.
Par contre, si l'adversaire joue serré, il faut miser. Ces joueurs ont peur,
surtout d'un tirage à la couleur. Si vous tirez une quinte bizarre ou un set,
vous pouvez essayer l'embuscade. Mais si vous tirez quelque chose d'évident, il
faut miser.
Si un joueur serré a tendance à coucher sa main à la rivière, vous devez
considérer bluffer à l'avenir. En général, coucher sa main à la rivière est une
mauvaise idée. Le joueur serré aurait pu passer parce qu'il bluffait ou a rater
son tirage. Par contre, si vous avez l'impression qu'un joueur serré est
vraiment prêt à passer à la rivière, vous devez penser à miser par la suite si
vous ratez votre tirage mais si un tirage scary est dévoilé. Des joueurs si
serrés sont rares, mais il faut en profiter quand on en trouve.
III -
Avantage au Hold'em
Le Hold'em à limite présente, pour un bon joueur, un plus petit avantage à
comparer du Hold’em sans-limites. La taille de vos mises est limitée, donc les
poissons ne peuvent même pas faire des action idiotes comme suivre "tapis" avec
une paire faible quand vous détenez le set fort. Pensez logiquement. Les mises
ne sont qu'une petite partie du pot. Donc, quand les gens suivent avec un bon
tirage, ils ont une bonne cote pour le tirage. Supposons que vous fassiez une
partie à limite de 1-2$ (sans râteau). Vous avez AK et votre adversaire K4.
Trois joueurs en plus de vous et votre adversaire voient le flop. Le flop est
K69. Vous misez et il suit jusqu'à la rivière. Combien votre adversaire
s'attendait-il à perdre ? Sans compter la perte au preflop, il ne s'attendait
pas à trop perdre. Le pot avant le flop était de 5$. Il a suivi avec $1, donc le
pot était de 7$ après le flop. Il a ensuite suivi avec 2$ donc le pot était de
9$ avant la rivière. Voyons combien votre adversaire a perdu de bénéfice à
chacune des rues après le flop. La meilleure façon de calculer son espérance est
de soustraire sa mise de son gain attendu (chances de gagner * le pot)
Flop : -.55$
Tournant : -1.41$
Rivière : -2$
Total : -3.96$
Alors qu’il a en fait perdu 5$ en misant après le flop, il ne s'attendait qu'à
perdre 3.96$. Donc, en effet, pour chaque dollar misé, il a perdu 79.2 centimes.
N'oubliez pas que ceci est une des situation les PIRES au Hold'em à limite. Il
est rare de se faire dominer quand le pot est petit. La plupart du temps, quand
les gens font des erreurs au Hold'em à limite, la différence est beaucoup plus
petite.
Si cette main avait été jouée au Hold'em sans-limites, votre adversaire aurait
perdu bien plus. Votre avantage sur lui du point de vue espérance aurait aussi
été plus – c'est parce que vos mises constitueraient une plus grosse partie du
pot. Supposant que des mises grosses comme le pot avait été faites dès le flop,
votre adversaire aurait perdu un gros bénéfice :
Flop (mise de 5$) :-4.04$
Tournant (mise de 15$) : -12.06$
Rivière (mise de 45$) : -45$
Total : -61.10$
Ce coup-ci, il a misé 65$ et espérait en perdre 61.10$. Il a non seulement perdu
plus d'argent, mais il espérait perdre un pourcentage plus important. Pour
chaque dollar misé, l'espérance était de perdre 94 centimes ! Ceci représente un
avantage bien plus important qu'au Hold'em à limite simplement parce que les
mises constituent un plus gros pourcentage du pot. Notez que cet exemple ignore
la cote implicite. Dans ce sens là, c'est un exemple imparfait. Cela dit, ça
démontre bien qu'au Hold'em sans-limites, les avantages peuvent être énormes
dans certaines circonstances, tandis qu'au Hold'em à limite ce n'est pas le cas.
Est-ce que cela veut dire que les parties traditionnelles sans-limites sont
meilleures que les parties à limite fixée ? Pas nécessairement. Vu que les
avantages peuvent jouer un rôle énorme aux parties sans-limites, la plupart des
joueurs ne participent pas sauf s'ils sont bons aux sans-limites, surtout aux
niveaux avancés. En plus, même des mauvais joueurs hésitent à miser dans des
situations comme celle décrite ci-dessus. Les gens ne jetteront pas leur argent
dans des situations où l'espérance est de perdre 96 centimes pour chaque dollar
qu'ils misent, tandis qu'ils ne perdraient que 79 centimes par dollar dans une
partie à limite. Au Hold'em sans-limites, se faire prendre dans un gros pot est
désastreux, donc ceux qui survivent le sans-limites ne font pas ce genre
d'erreur. Par contre, les mauvais joueurs continueront à faire des parties
Hold'em à limite et perdront leur argent doucement.
Bref, quelques gros poissons peuvent bien augmenter l'espérance d'une partie
Hold'em sans-limites. De temps en temps, vous vous trouverez dans une situation
où vous avez un avantage énorme et où vous pouvez gagner des pots énormes. Il
est possible de faire des erreurs extrêmement coûteuses au poker sans-limites,
tandis que c'est bien plus dur au poker à limite. Les gens ont tendance à faire
beaucoup de petites fautes au poker à limite, donc il est difficile de profiter
d'une grosse erreur. Bien sûr qu'une partie molle est meilleure, mais un gros
poisson augmentera l'espérance dans une partie sans-limites beaucoup plus que
dans une partie à limite.
Donc, quand vous pensez à votre avantage dans une partie sans-limites ou à
limite, sachez que l'avantage au poker sans-limites est beaucoup plus dynamique.
L'avantage d'un joueur au poker à limite est souvent limité à un aspect du jeu,
tandis que l'avantage au poker sans-limites peut changer beaucoup à cause du
niveau de plusieurs joueurs. Dans l'exemple du K4 contre AK, vous gagnerez
probablement de l'argent au poker à limite (sauf si vous faites une partie
compétitive). Par contre, il se peut que vous gagniez ou perdiez de l'argent si
cette main se passe pendant une partie sans-limites. Si vous pouvez extraire des
énormes mises d'un joueur avec une paire forte sans acolyte dans les parties
sans-limites, vous pourrez partir du travail un peu plus tôt. Mais de temps en
temps, les gens paieront moins, donc votre bénéfice sera réduit. Bref, soit les
erreurs des adversaires au poker sans-limites sont énormes ou soit elles
n'existent pas – ceci déterminera votre espérance d'une partie.
Tout de même, il existe la possibilité d'avoir un avantage plus général au
Hold'em sans-limites à petit enjeu. La raison : ces parties attirent tellement
de mauvais joueurs qu'un ou deux mauvais joueurs en plus ne changent pas grand
chose.
IV - Sélectionner la bonne partie
Il faut plusieurs compétences pour réussir au poker. En général, ces compétences
peuvent être réparties dans trois catégories.
La première est tactique. C'est l'essentiel de la stratégie, comme la cote du
pot et les mises bénéficiaires. C'est là où doivent commencer les débutants, et
même les joueurs avancés peuvent encore apprendre beaucoup. Au Hold'em à limite,
ces idées sont très importantes puisque la stratégie est tellement simple et
mécanique.
La deuxième catégorie est psychologique. Ça inclut pouvoir « lire les gens » et
remarquer les tells. Les joueurs qui ont maîtrisé cet aspect du jeu savent bien
mettre leurs adversaires en tilt ainsi que varier leur style pour chaque
adversaire différent. Ces compétences sont très importantes aux parties
sans-limites, surtout les parties live. Les media essayent aussi de promouvoir
cette habileté parce que les professionnels paraissent avoir des talents
spéciaux venant de Dieu.
Cependant, sauf si vous faites des parties sans-limites très avancées, la
psychologie est de loin le talent le moins important à mon avis. Pour les
parties moins chères, une maîtrise tactique est bien plus importante pour
gagner. Une stratégie sans détour est généralement la plus efficace. En plus, au
poker en ligne, il est difficile de se rappeler des dizaines de milliers
d'adversaires possibles, sans compter le fait qu'il y a peu de tells. Bref,
débarrassez vous de l'image que le poker est un jeu de tells et de psychologie
tordue. Les talents psychologiques ne représentent qu'une petite partie du jeu.
La troisième catégorie est la plus négligée, mais peut-être la plus importante :
bien savoir choisir sa partie. Peu importe votre niveau, votre paye par heure
dépend plus de vos adversaires que de vos talents.
La sélection de la partie : la clef du poker à grosses mises
A fur et à mesure que les mises augmentent, l'importance de bien choisir sa
partie augmente aussi. Les parties à petites mises sont presque toutes molles.
Un bon joueur gagnera probablement à n'importe quelle de ces parties, donc il
n'aura pas besoin de bien choisir sa partie pour exceller. Choisir les tables
plus faibles augmentera ses gains, mais sa stratégie lui permettra de gagner à
presque n'importe quelle partie.
Par contre, au fur et à mesure qu'on s'aventure dans des parties plus risquées,
la sélection de la partie devient plus importante. Beaucoup de joueurs qui
gagnent de l'argent aux limites faibles finissent par tout perdre quand ils font
des parties à limites plus élevées parce qu'ils n'ont pas compris cet aspect du
jeu.
Quand vous augmentez de limite, il est fort probable que vous ne pourrez plus
gagner 99% des parties. Quand je dis « gagner », je ne veux pas dire que vous
ferez un bénéfice chaque fois que vous jouez, mais que vous ferez un bénéfice à
long terme.
Par exemple, supposons que vous avez le choix entre 10 parties à 5-10$ à limite
fixée. Ce casino a une règle bizarre qui forcent tous les joueurs à jouer cinq
mille heures de suite avant de pouvoir quitter une partie. Cette règle fait en
sorte que tous les joueurs connaîssent leur performance à long terme pour cette
variante. Si vous pouvez gagner à 90% de ces parties, ça veut dire qu'il y a 9
tables auxquelles vous gagnerez après ces milliers d'heures, tandis qu'il y une
table à laquelle ni vous gagnerez ni ne perdrez après des milliers d'heures.
Même des joueurs qui ont du succès à 5-10$ sans-limites ou 30-60$ à limite ne
peuvent pas gagner plus qu’un certain poucentage de ces parties. Il y aura
certaines tables remplies de bons joueurs qui seront simplement trop difficiles.
Dans ces situations, un joueur ne gagnerait pas à cette variante.
Par exemple, supposons qu'il y a deux futures professionnelles, Tom et Jerry.
Les deux sont bons, mais Tom est un peu plus doué. Ils ont des fonds quasi
identiques, et ils peuvent jouer à 15-30$. Vu que nous savons tout, nous savons
quel pourcentage de partie les deux peuvent gagner au long terme à n'importe
quelle limite.
| Limit | Le % de succès de Tom | Le % de succès de Jerry |
|---|---|---|
| $.50-$1 | 99% | 99% |
| $1-$2 | 98% | 97% |
| $2-$4 | 96% | 85% |
| $3-$6 | 83% | 73% |
| $5-$10 | 77% | 64% |
| $10-$20 | 68% | 53% |
| $15-$30 | 60% | 40% |
Bon, comme beaucoup de joueurs de poker, Tom et Jerry sont gourmands. Ils ne
s'intéressent qu'à jouer à la plus haute limite qu'ils peuvent caver. Que
va-t-il se passer ?
Supposons qu'aucun des deux ne sache comment choisir une bonne partie. Ils
choisissent leurs parties de façon intuitive. Dans ce cas, Tom s'attend à gagner
6 fois sur 10, tandis que Jerry ne s'attend à gagner que 4 fois sur 10. En
supposant que leurs bons et mauvais coups soient plus ou moins les mêmes, Tom
finira par gagner un peu et Jerry perdra tout petit à petit.
Mais supposons que Jerry sache bien choisir ses parties. Il sait qu'il ne peut
que gagner à 40% des parties, mais même 40% de toutes les parties à 15-30$ n'est
pas mal !
Si Jerry parvient tout le temps à choisir une partie qu'il peut battre, on
s'attendrait à ce qu'il gagne 100% du temps. Bien sûr, la réalité est qu'il
gagnera et qu’il perdra (le poker contient un élément de chance). Mais si Jerry
a un flaire magique pour les bonnes parties, il finira par gagner. Par contre,
Tom ne sait pas du tout comment choisir une partie. Il choisit au pif.
Dans cette situation, Jerry gagnera beaucoup plus que Tom à long terme. Jerry
fait des bénéfices 100% du temps, tandis que Tom n'en fait que 60% du temps.
Bien sûr, personne ne peut si bien choisir ses parties. Tout de même, il est
très possible qu'un jouer avec moins de "talents" qu'un autre finisse par gagner
beaucoup plus d'argent à une limite quelconque.
Le poker est un jeu ou les compétences sont relatives. Vous voulez maximiser la
différence de niveau entre vous et vos adversaires. La première façon est
d'améliorer vos propres compétences. La deuxième façon, qui devient plus
importante aux limites plus hautes, est de trouver des joueurs plus faibles que
vous.
Il y a beaucoup de joueurs qui progressent aux limites plus élevées qui ne
comprennent pas ça. Ils sont trop orgueilleux et pensent pouvoir gagner à
n'importe quelle partie à laquelle ils se joignent. Certains parmis ces joueurs
choisissent des parties plus difficiles que la moyenne. Ils veulent se prouver à
eux-mêmes qu'ils peuvent gagner à n'importe quelle partie. Ils finissent par
jouer avec plein de requins. Même si ces joueurs sont aussi doués que les autres
requins, ils perdront au long terme à cause du râteau.
Jouez contre des mauvais joueurs
Une autre erreur que font certains joueurs qui augmentent de limite est de
penser qu'ils ont plus de succès contre des meilleurs joueurs. Les gens
s'énervent à la suite de mauvais coups causés par les mauvais joueurs et
préféreraient jouer contre des adversaires qui ne relancent pas avec J
2
.
Sauf dans des cas extrêmement rares, ceci est l'un des plus grands mythes du
poker. Cet mythe est encore plus prononcé que le « cashout cure » boogeyman dont
parlent les gens. Il n'est quasi jamais mieux de jouer contre un bon joueur que
contre un joueur inexpérimenté.
Pensez logiquement. Qui perd de l'argent à long terme – les bons ou les mauvais
joueurs ? Ce n’est pas logique de croire qu'on puisse gagner contre un bon
joueur mais perdre de l'argent contre un mauvais joueur.
Bref, voici les raisons pour lesquelles il faut identifier les adversaires les
plus faibles et jouer contre eux :
1. Seulement les joueurs inexpérimentés font des erreurs de base au poker.
Connaître la cote du pot et comment choisir sa main initiale ne vous donneront
pas d'avantage contre d'autres bons joueurs parce que tout le monde a ces
connaissances. Ces erreurs de base sont très coûteuses, beaucoup plus qu'une
erreur faite par un bon joueur.
2. La mise d'un mauvais joueur aura rarement des avantages. Ils sont presque
toujours trop passifs ou maniaques. Les bons joueurs maximisent la valeur de
leur main quand ils gagnent.
3. Au poker sans-limites, seuls les mauvais joueurs jetterons plein d'argent
pour des mains qui n'ont aucune chance. Certains joueurs seront tapés avec une
paire moyenne. Suivre des mises énormes avec une main fragile sans tirages est
l'une des plus grosses erreurs au poker.
4. Les erreurs que font les bons joueurs ne sont pas tellement importantes.
L'erreur la plus typique du bon joueur est d'être prévisible. Ce n'est pas
vraiment important au Hold'em à limite parce qu'une stratégie sans détours
marche bien. Au poker sans-limites, un bon joueur ne peut pas tellement profiter
d'un adversaire prévisible. Un joueur prévisible ne fera pas de grosses erreurs
comme suivre avec une main nulle. De plus, peu importe ce que disent les gens,
il est impossible de toujours savoir la main d'un adversaire, surtout en ligne.
5. Les « bons » joueurs peuvent être troublés avec des joueurs trop serrés. Si
quelqu'un couche des mains avec la cote pour tirer ou fait des crying calls, il
n'est PAS un bon joueur. Ce joueur joue trop serré et devrait être considéré un
poisson. Il se trouve que ces joueurs sont assez rares. Trop passer n'est pas
marrant, et beaucoup de joueurs veulent au moins s'amuser. Trop miser et trop
suivre est beaucoup plus marrant (même si on perds de l'argent), donc ce genre
de poisson est bien plus commun.
Trouver la bonne partie
L'art de la sélection de partie est difficile à maîtriser. Mais voici le conseil
le plus important : analysez le jeu en commencent par le haut. Si vous
considérez les facteurs importants qui influencent le niveau d'une partie,
j'espère que vous allez choisir les parties les plus faciles à la limite de
votre choix.
1. D'abord, considérez la limite. Avec quelle fréquence gagnez-vous à cette
limite ? Vous ne devriez pas jouer à des limites auxquelles vous bataillez ou à
lesquelles vous pouvez à peine gagner. Restez dans des limites où vous gagnez
régulièrement.
2. Ensuite, pensez à là où vous êtes. Etes-vous à un site avec une réputation
pour des parties plus dures, comme PokerStars ? Où êtes-vous à un site connu
pour ses poissons, comme Party Poker ? De temps en temps, il y a une raison pour
laquelle certains endroits sentent plus le poisson que d'autres. Certains sites
inventent des règles pour s'assurer que les parties restent molles, comme
limiter les joueurs à une seule table, limiter le nombre de tables à grosses
mises, ou en passant des pub qui ciblent le joueur de passage. Pour en savoir
plus, lisez l'article sur l'écosystème du poker.
3. Troisièmement, pensez à l'heure. Ce n'est pas aussi important en ligne vu
qu'il y a tellement de parties qui se déroulent tout le temps. Par contre, au
poker live, certains moments de la journée sont meilleurs que d'autres.
4. Pensez au style de la partie. Regardez-la un petit moment. Est-ce que c'est
une partie lâche ou n'y a t-il que des roches ?
5. Finalement, regardez chaque individu qui joue. Etes-vous assez sûr que
quelques-uns sont nuls ou que d'autres sont des professionnels ? Connaissez-vous
bien le style de plusieurs joueurs ? Savez vous formuler des stratégies
gagnantes contre ces joueurs ?
Comme vous pouvez le voir, il est bien plus facile de choisir la bonne partie en
ligne que dans un véritable cardroom. Pour les jeux en ligne, vous pouvez
analyser et ainsi choisir à quelle partie vous joindre, tandis qu'il faut se
mettre là où le casino vous place.
Il est aussi plus dur de choisir sa table aux tournois. Aux tournois sit-n-go,
vous pouvez choisir de faire des parties avec des joueurs que vous savez être
des poissons. Cependant, à part choisir un endroit qui parait mou, il est plus
difficile de profiter d'une bonne sélection de partie en tournoi.
Si vous pensez faire du poker en ligne, surtout à limite élevée, n'oubliez pas
l'importance d'une bonne sélection de partie. Il y de milliers de choix.
Maîtrisez la sélection de partie et attaquez les bonnes tables.
V - L'utilité de l'argent
Nous avons déjà parlé de L'espérance, c'est à dire la somme d'argent/de jetons
que vous pensez gagner en faisant une action. Dans presque toutes les parties
traditionnelles, l'espérance et la cote implicite vous donneront assez
d'informations pour prendre la bonne décision. Mais, l'espérance assume quelque
chose de très important : La supposition que chaque dollar a la même valeur
qu’un autre.
Cette supposition n'est pas toujours correcte. Supposons que votre fond soit
d'un million de dollars. Quelqu'un vous offre de miser votre million pour tirer
à pile ou face. Feriez-vous ce pari ? Certains le feraient, mais la plupart ne
le feraient pas. La raison : si vous avez déjà un million à la banque, gagner un
deuxième million ne vous apportera pas tellement de plaisirs en plus. Après
tout, même avec un million de plus, que feriez-vous ? Le plaisir d’une BMW et
d’une deuxième maison ne peut se comparer à la perte que vous ressentiriez si
vous perdiez tout d'un coup.
La raison : votre besoin d'argent change en fonction de combien d'argent vous
avez. Chaque niveau de revenu ou de richesse vient avec un certain niveau
d'utilité. Cette utilité ne va pas forcément augmenter de façon uniforme. Pour
la plupart des gens, le deuxième million ne vaut pas le premier. Ça s'appelle
l'Utilité Marginale Diminuante. Les gens qui tombent dans cette catégorie sont
averses au risque.
Utilité Marginale Diminuante

(Revenu ou richesse)
D'autres gens feraient le pari, parce que pour eux le deuxième million vaut
autant que le premier. Ces gens sons neutres au risque.
Utilité Marginale Constante

(Revenu ou richesse)
Bon, beaucoup de gens ne feraient pas le pari même avec des chances de 50% de
gagner, mais s'ils avaient des chances de 55% de gagner au lieu de 50%, ils le
feraient peut-être. Bien sur, la plupart des gens ne le feraient pas, mais
quelques-uns le feraient.
Maintenant, si c'était l'inverse ? Que feriez vous si on vous proposait ce pari
avec des chances de 45% de gagner ? Ça peut vous choquer, mais certaines
personnes feraient le pari. Pour eux, l'utilité marginale du deuxième million
vaut plus que l'utilité du premier million. Peut-être qu'il leur faut exactement
2 millions de dollars pour sauver leur compagnie, n'importe quelle somme plus
faible serait inutile.
Cette condition (utilité marginale augmentant) explique aussi en partie pourquoi
les gens achètent des billets de loterie. Dans certains états, vous avez 30
centimes d'espérance par dollar que vous misez. Cette cote est terrible ! Tout
de même, certains qui savent ça jouent quand même, parce que l'espoir de devenir
multimillionnaire (ou même d’y penser) vaut 70 centimes pour eux. Les gens qui
tombent dans cette catégorie sont risque-aimant.
Utilité Marginale Augmentant

(Revenu ou richesse)
Ceux qui aiment le risque sont susceptibles de devenir des joueurs compulsifs –
ils aiment bien faire des paris en déavec une mauvaise espérance.
L’utilité attendue et le poker
Vous pouvez vous demander qu'est-ce que ça à avoir avec le poker ? Et bien, il y
a plusieurs choses. D'abord, les tendances de votre adversaire (averse au
risque, neutre au risque, et aimant le risque) se verront. Beaucoup de joueurs,
quand ils augmentent de limite, jouent peureusement. C'est parce que l'argent
qu'ils misent en plus de ce qu'ils misaient avant les place à un endroit moins
en pente sur leur courbe d'utilité. Ça explique pourquoi vous ne devez pas jouer
à une limite qui est trop élevée pour vous. Si vous êtes averse au risque à
cette limite, vous perdrez beaucoup de petits avantages. Le contraire peut aussi
être vrai : il se peut que vous jouez bien à 10-20$ parce que vous aimez bien ce
niveau de risque. Si vous jouiez à 5-10$ ou à 2-4$, vous seriez peut-être
risque-aimant et joueriez trop lâche en conséquence.
A première vue, on pourrait penser que risque-aimant veut dire lâche, et que
averse au risque veut dire serré. Ce n'est pas le cas : quelqu'un pourrait jouer
serré parce que c'est la meilleure stratégie contre son adversaire. Un bon
joueur au poker sans-limites jouera lâche et jouera serré, mais il est neutre au
risque. Il ne refusera pas un pari avec un petit avantage, et il n'en créera pas
non plus. Il bascule entre être serré et passif en fonction de son adversaire.
Il est important que vous jouiez neutre au risque, et aussi de bien lire vos
adversaires. Si votre adversaire joue serré, ne pensez pas tout bêtement qu'il
est averse au risque et commencez à bluffer comme un fou. Il est important de
savoir rapidement s'il est vraiment averse au risque ou s'il joue serré pour
profiter d'autres joueurs.
Risquer son fond comparé à Risquer son tapis
Alors, si vous devez être neutre au risque avec votre tapis, comment faire avec
votre fond ? Nous recommandons que vous soyez averse au risque avec votre fond.
La somme que vous gagnez ou perdez au cours d'une session où même de plusieurs
sessions ne devrait pas trop influencer votre fond. Sinon, vos émotions
deviendront trop importantes, et jouer peureusement est toujours une mauvaise
idée. Mais comment est-ce que ça s’explique ? Comment pouvez vous être neutre au
risque avec votre tapis et averse au risque avec votre fond en même temps ? La
réponse : votre courbe d'utilité n'est pas pareille vue de tout les angles. Si
vous ne voyez qu'une petite partie, la courbe averse au risque ressemblera plus
à une line droite. Une analogie : la terre est ronde, mais ce qu'on peut voir à
l'oeil nu est tellement petit comparé à la totalité de la planète qu'elle nous
parait plate.
L'utilité des jetons en tournoi
La Théorie d'Utilité Attendue explique aussi pourquoi les tournois sont
différents des parties traditionnelles. Vous avez peut-être remarqué que
certaines personnes sont plus averses au risque en tournoi qu'en partie normale.
C'est à cause de l'Utilité Attendue : si vous avez 1000 jetons au début d'un
tournoi, c'est une mauvaise idée de miser à la hauteur de votre tapis si vous
n'avez que 50% de chances de gagner. Obtenir encore 1000 jetons ne vaut pas
grand chose, mais si vous perdez vos 1000 jetons, vous avez tout perdu.
Par contre, au milieu du tournoi, ce n'est pas une mauvaise idée de faire ce
pari. Avoir un tapis important vous permettra de voler des blinds. De plus, s'il
ne vous reste qu'un petit tapis plus tard dans le tournoi, vous serez content de
tout miser avec des chances comme ça. C'est parce que l'utilité d'avoir les
premiers 1000 jetons est diminuée à cause des blinds.
Votre courbe d'utilité/de jetons est dynamique au cours d'un tournoi, elle
change avec le temps. Un joueur de tournoi gagnant connaît l'utilité des jetons
qu'il mise, et sait comment sa courbe d'utilité change progressivement. Il ne
s'arrête pas avec une espérance positive; s'il parle d'une espérance positive,
ça veut dire une espérance positive en prix gagné. En d'autres mots, il demande
une espérance positive pour toutes ses mises.
L'utilité des négociations
Vers la fin des tournois, les joueurs font des compromis entre eux. Souvent, le
prix est énorme pour le vainqueur – il reçoit deux fois plus que le second. Par
contre, les blinds sont devenus tellement élevés que la chance choisira le
vainqueur. Au lieu de se battre pour le gros prix, les joueurs préfèrent souvent
s'arranger et donner à tout le monde un pourcentage du total. Ces arrangements
tiennent en compte les courbes d'utilité des joueurs. Si un joueur a quelques
milliards de dollars à la banque et participe à un tournoi avec un caver de
200$, le résultat du tournoi ne va pas beaucoup l’influencer. Par contre, un
joueur qui avait à peine 200$ pour participer au tournoi aura probablement envie
de faire un compromis. Dans les négociations, tenez compte de vos courbes
d'utilité et de celles de votre adversaire. Empêchez le de profiter de vous
parce qu'il vous croit averse au risque. Par exemple, on pense qu'il n'y avait
pas de compromis au WSOP 2003 parce que Sammy Farha croyait pouvoir intimider
Chris Moneymaker à la table finale. Farha, un multimillionnaire, savait que
l'argent intimidait Chris Moneymaker, un joueur ordinaire. En fin de compte,
Moneymaker garda son calme, joua bien, et gagna le World Series.
VI - Vous voulez devenir un professionnel ?
Beaucoup de gens envient la vie du joueur professionnel de poker. Qui n'aurait
pas envie de travailler à ses propres heures, de faire un jeu qu'ils aiment
comme métier, et de se balader partout dans le monde pour faire des tournois ?
Avec de bons revenus en plus du reste, vous avez un travail de rêve. Alors,
comment un professionnel devient-il un professionnel ?
Les joueurs professionnels ne reçoivent pas de diplôme de l'Ecole du Poker – il
n'existe pas d'organisation qui donne de titre « pro » aux joueurs. C'est
essentiellement un titre qu'un joueur se donne à lui-même. Même certaines
personnes qui perdent de l'argent au poker se considèrent des professionnels. En
général, on décide de jouer au poker comme métier pour au moins l’une des deux
raisons suivantes :
Premièrement, ils pensent pouvoir gagner plus d'argent au poker qu'en faisant un
autre métier. En général, ces joueurs ont fait au delà de 500 heures de poker et
voient que leurs gains par heure sont nettement plus élevés qu'ils ne le
seraient s'ils faisant un autre métier. Pour suivre ses résultats, un pro
utilise un site comme Checkyourbets.com.
Par ailleurs, ils peuvent tellement aimer le style de vie d'un pro du poker
qu'ils sont prêts à sacrifier leurs revenus pour avoir la liberté. De plus, la
durée d'une carrière d'un pro du poker varie. La plupart des pros considèrent
faire une carrière temporaire dans le poker. Ils peuvent être en train de passer
par un moment creux dans leur vie professionnelle où ils s'attendent à commencer
une profession plus lucrative. Très peu considèrent de passer leur vie à jouer
au poker.
Un bon professionnel est fondamentalement un businessman. Il ou elle comprend
comment jouer afin de maximiser ses revenus. Les revenus des pros varient pas
mal et dépendent des talents, du fond, du cran, et de la chance du joueur. Le
nombre d'heures jouées varie aussi. La seule chose qu'ils ont en commun est que
le poker est leur source de revenus principale. Les talents ne sont qu'une
partie de ce qui est nécessaire pour gagner des sommes importantes en jouant au
poker. Il faut connaître la variante à laquelle on peut gagner le plus par
heure. En général, les facteurs qui influencent les gains par heure sont :
Les niveaux relatifs
Le nombre de mains par heure/tables qu'un pro peut faire
Le râteau ou les frais par heure
La variance
Quelqu'un moins doué au poker peut facilement gagner plus qu'un meilleur joueur
si celui qui est moins doué sait comment optimiser les autres facteurs. Comme
les pros veulent gagner de l'argent, il faut qu'ils jouent contre des gens qui
veulent plus ou moins perdre de l'argent. Ça veut dire participer à des parties
faibles et lâches. En plus, comme le pro veut profiter de son avantage autant
que possible, le nombre de mains joué est très important. Bien sûr, ça dépend
aussi de la variante que choisie le pro.
Si un pro se spécialise au Hold'em à limite, sa performance moyenne est très
importante. Faire trois parties en ligne permettent à un joueur de faire cinq
fois plus de mains par heure qu'un joueur dans un vrai casino. Si les deux
joueurs jouent à la même limite contre des adversaires du même niveau, celui qui
joue en ligne gagnera cinq fois plus que le joueur de casino réel. Tandis que le
joueur réel peut mieux se concentrer sur sa seule partie, le pro en ligne à
l'avantage du plus petit râteau et la possibilité de faire plus de mains par
heure. Au poker à limite, le nombre de mains est bien plus important que de bien
lire son adversaire.
Au poker sans-limites, lire son adversaire devient plus important. En
conséquence, un pro ne pourra pas faire deux ou trois parties à la fois. Je
répète, ça dépend du joueur, mais ses choix influenceront fortement ses gains
par heure.
Les pros de tournois existent aussi. Par contre, ils sont plus rares que les
pros normaux parce que les tournois ont plus de variance et se jouent à un
niveau plus élevé que les parties normales. Il est aussi beaucoup plus dur de
calculer ses revenus par heure parce que l'argent gagné en tournoi peut changer
d'un jour à l'autre. Tandis qu'il y a certainement des pros qui réussissent
bien, il y beaucoup d'appelés et peu d'élus. Comparé aux pros normaux, les pros
de tournois sont souvent endettés et dépendent de l'aide des autres.
Il y a quatre gros désavantages à être un joueur professionnel de poker.
D'abord, ce n'est pas une activité très sociale. Si vous êtes un pro qui joue en
ligne, vous jouez de chez vous, avec peu de contacts humains. Vous n'avez pas le
plaisir de bavarder avec quelqu'un ou de savourer les autres aspects sociaux
d'un travail normal. Ensuite, le poker devient très ennuyeux très rapidement.
Bien sûr, un pro peut jouer à une variété de variantes. Mais puis-ce qu'il veut
surtout gagner de l'argent, il aura probablement envie de jouer à la variante à
laquelle il est le plus fort. Ce n'est pas la peine de le dire mais ça devient
vite monotone. Troisièmement, beaucoup de gens n'aiment pas le fait que le pro
ne contribue rien à la société. Cet argument a perdu de la valeur puis-ce que
les pro sont de plus en plus considérés comme des 'artistes.'
Enfin, les revenus du poker peuvent varier énormément, ce qui peut être
stressant. Pour moi, ma déviation standard est égale à 6 fois mes revenus par
heure. Cela veut dire que si je gagne 100$ de l'heure, il y a 68% de chance
qu'en une heure je gagne entre -500$ et 700$. Le reste du temps, ça varie encore
davantage. Cela ne plait pas à beaucoup de gens, qui ne pourraient pas tolérer
le stress de revenus qui fluctuent tellement. Le pro ne doit pas être perturbé
du tout par ces fluctuations. En général, les joueurs avec de plus gros fonds
ont tendance à mieux s'en sortir et à jouer sans avoir peur. Tandis que l’argent
gagné par le pro met du pain sur la table, un seul jour, une seule semaine, où
un seul moi n'affecte pas trop leur fond.
Un vrai professionnel ne se soucie pas des cartes mais des changements du
marché. Les pros doivent jouer contre des mauvais joueurs. On gagne de l'argent
parce qu'on est plus fort que les autres. Si un pro ne joue que contre des pros,
il gagnera peu ou pas d'argent. Les revenus d'un pro dépendent beaucoup plus des
compétences de ses adversaires. Après tout, il a probablement déjà perfectionné
ses talents autant que possible. La seule chose qui peut changer la différence
de niveau entre lui et ses adversaires est le niveau de ces adversaires. Si les
mauvais joueurs s'arrêtent de se joindre au monde du poker, le pro sera forcé de
chercher un autre travail.
Pour les raisons ci-dessus, la plupart des bons joueurs ne deviennent pas
professionnels. Ceux qui ont les talents et l'argent pour jouer au poker peuvent
gagner autant (même plus) en faisant autre chose. Il se peut aussi qu'ils aiment
tellement leur métier qu'ils préfèreraient faire ça plutôt que de jouer au
poker, même s'ils gagnent moins qu'ils ne le pourraient en jouant au poker.
C'est probablement une bonne chose pour les pros que leur vie n'est pas
tellement joyeuse. Si trop de gens devenaient pro, le niveau serait trop élevé
pour gagner de l'argent !
Le poker est souvent préférable en temps que deuxième métier. Les 'demi-pros'
aiment le poker en temps que revenus supplémentaires et passe-temps sans que ça
devienne leur source principale de revenus. Ils évitent aussi le coté
anti-social et monotone du poker professionnel. Quelques demi-pros gagnent un
paquet d'argent en jouant, même plus que beaucoup de pros ! Après tout, aucun
des trois derniers gagnants du World Series of Poker n’était pro quand il a
gagné. Le poker en temps que passe-temps lucratif est le chemin choisi par la
plupart des joueurs qui gagnent.
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